Le Temps qu’il reste (الزمن الباقي)

Le Temps qu’il reste s’ouvre sur une scène très forte. Par une nuit d’orage apocalyptique, le personnage interprété par Suleiman se trouve dans un taxi, il est en arrière plan, on distingue à peine sa silhouette floue, il reste silencieux. Le chauffeur, juif, est perdu, il ne parvient pas à joindre son collègue au téléphone, le tonnerre gronde, la pluie redouble de violence, Elia demeure une ombre et reste silencieux. Il ne sait pas où il désire aller, il se demande : « Mais où je suis ? » Pour y répondre, le film entame un flash-back divisé en quatre parties, principalement situées à Nazareth : inspirées par les souvenirs du cinéaste ainsi que par ceux de son père, c’est en décrivant la vie d’individus, en déployant un large panel de sensations autour de leurs actions quotidiennes qu’elles évoquent l’histoire de la Palestine et celle des relations israélo-palestiniennes. Si la première partie se passe en 1948 et raconte les actes de résistance du père d’Elia, s’il est ensuite question de la mort de Nasser, ce ne sont pas les dates historiques ou les étapes importantes dans l’histoire du pays qui ont dicté la construction du film. Suleiman convoque l’Histoire via l’histoire des individus, son film a pour fil conducteur son passé : la résistance de son père donc, puis sa propre enfance, son adolescence, et son retour à Nazareth, aujourd’hui, où il constate une situation absurde et chaotique, où les repères ont disparu, où il ne sait plus où il est.

Director(s): Elia Suleiman

Actor(s): Saleh Bakri, Yasmine Haj, Leila Muammar

Duration: 109 min.

Production:The Film, Elia Suleiman